20.06.2007
Autonomie des Universités : la motion adoptée par les enseignants juristes et politistes
Une nouvelle réunion est prévue le mercredi 27 juin, à 18 heures : elle aura lieu à l'Amphithéâtre Lefebvre, à la Sorbonne.
Les enseignants juristes et politistes, réunis le 19 juin 2007 au Panthéon, ayant pris connaissance d’éléments d’information sur le projet de réforme de l’université :
- soulignent le risque de sclérose qui peut résulter d’un recrutement sans mobilité. C’est pourquoi ils soutiennent les propositions du « rapport Truchet » : recrutement sur concours d’agrégation ou sur qualification nationales des Professeurs et des Maîtres de Conférences et interdiction du recrutement sur place. La reconnaissance d’un droit de veto aux Présidents d’université sur les recrutements et les mutations, alors que les Conseils d’administration ont déjà le pouvoir de s’opposer aux éventuels abus, irait dans la direction opposée.
- Ils rappellent que l’enseignement du droit implique le maintien d’un lien constant avec l’ensemble des professions, professions libérales, magistrature, fonction publique, juristes d’entreprise…, qui souhaitent nouer des contacts avec des interlocuteurs proches de leurs préoccupations. L’internationalisation de la recherche et de l’enseignement conduit par ailleurs à renforcer la collaboration avec des partenaires étrangers, qui sont, partout dans le monde, organisés sous la forme de Facultés de droit ou de Law Schools. Les deux objectifs de professionnalisation et d’ouverture internationale militent ainsi pour que l’enseignement du droit soit organisé dans des unités suffisamment visibles et autonomes au sein de l’université.
L’institution d’un Conseil National du Droit, qui réunit l’ensemble des enseignants du droit, dans leur diversité, et les représentants de tous les métiers du droit, paraît un utile moyen pour décloisonner l’enseignement et la formation professionnelle et pour accélérer la modernisation.
16:20 Publié dans Agrégation de droit privé, Université d'Evry et faculté de droit | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note









Commentaires
L'interdiction du recrutement sur place me parait une bonne chose en effet, si et seulement si le nombre de postes est suffisant au plan national. On demanderait sinon aux universités de former des maîtres de conférences qu'elles seraient ensuite obligées d'envoyer au chomage alors même qu'elles disposent d'un poste. Ce serait marcher sur la tête. Il me semble que la problématique est par contre totalement différente en outremer.
Un jeune docteur de Toulouse, recruté à Bordeaux, ne vivra pas comme un drame d'y laisser femme et enfants, qu'il reverra chaque week-end et à chaque jour ferié. Il n'en sera pas de même d'un docteur antillais ou réunionnais qu'on va forcer à migrer vers la lointaine métropole, en laissant dans son île toute sa famille. Le cout des billets d'avion, la durée du trajet, le cout des communications téléphoniques, déracinent littéralement le domien.
Enfin, à l'heure de la recherche d'économies, imposer les flux de "migration professionnelle" avec l'outremer, et dans les deux sens, représente un coût prohibitif pour la collectivité (prime de déménagement, d'installation, billets d'avion pour la mutation, containers, billets d'avion pour les congés bonifiés...) qu'on éviterait aisément en favorisant au contraire le recrutement local en outremer.
Vous auriez ma gratitude éternelle de bien vouloir communiquer cette remarque dans les différentes rencontres auxquelles vous serez amené à participer sur cette réforme.
Écrit par : J'dis çà... J'dis rien! | 22.06.2007
@ J'dis çà...
L'obligation de mobilité (ie l'interdiction de recrutement dans son université d'origine) est, par certains côtés, une vaste escroquerie.
Sur le papier, c'est magnifique. Mais en définitive, ce serait surtout le moyen pour Paris I et Paris II de caser plus facilement leurs thésards comme MCF en province.
Paris I et Paris II (qui n'offrent que très peu de postes au recrutement des MCF - ils n'aiment pas) ont de plus en plus de mal à les placer.
A Paris II, ce n'est pas trop grave, car il sont massivement recyclés à l'agrégation. Mais ça commence à poser des problèmes à Paris I (qui est en train de partir en vrille - voir les récents résultats de l'agrégation de dr. privé et les magnifiques recrutements à la mutation des dernières semaines).
Écrit par : Egon Jestaz | 30.06.2007
Il serait intéressant d'obliger à une véritable mobilité, c'est à dire d'imposer un recrutement dans une autre ville que celle où le candidat à soutenu sa thèse.
Les universités parisiennes seraient sans doute ravies de recruter des provinciaux de façon à imiter certaines universités provinciales qui ne recrutent que des parisiens.
Écrit par : Jean-Pierre | 01.07.2007
A condition de bien comprendre ce que l'on entend par "mobilité", je le répète. Un toulousain à Bordeaux, ce n'est pas la même chose qu'un antillais à Strasbourg...
De même, j'ai eu l'occasion de m'en expliquer sous la note du Pr. Houtcieff du blog Dalloz http://blog.dalloz.fr/blogdalloz/2007/06/mais-o-sont-les.html#comment-74261442
Cela va à mon avis beaucoup affaiblir les petites facs de province. Imaginez : elle classe des "extérieurs" sur son poste en exluant son docteur. Celui-ci, handicapé par le fait qu'il vient d'une "petite" fac, n'est pris nulle part et sa fac, pas assez attractive, se retrouve avec son poste non pourvu car les candidats classés l'ont été ailleurs et ont préféré l'autre fac, plus cotée, plus "grande ville"...
Écrit par : J'dis çà... J'dis rien! | 03.07.2007
Ce phénomène existe déjà : certaines facs de province ne recrutent pas leurs docteurs mais les candidats parisiens (qui ensuite ne mettent plus les pieds là ou ils sont recrutés en dehors de leur cours). Les MCF-TGV sont ainsi très nombreux dans les facs assez proches de Paris.
La situation des étudiants de ces universités, du premiers cycle au doctorat, est assez négligée.
Avec les progrès du TGV, le nombre d'universités concernées ne va pas diminuer.
Écrit par : Jean-Pierre | 03.07.2007
Alors en fin de compte, si je vous lis bien cher Jean-Pierre, graver dans le marbre le non recrutement local peut-il être une bonne chose ? Les Facs ont-elles réellement besoin de s'ouvrir ou tout simplement d'implication de ses chercheurs ? L'ouverture n'est-elle pas déjà pratiquée au stade des 3° cycles où l'on sait que la sélection permet justement "d'importer" de nouveaux talents ? Je ne connais que très peu de MCF, en dehors de certaines dynasties familiales, qui n'aient connu qu'une seule fac dans tout leur cursus étudiant et professionnel.
Écrit par : J'dis çà... J'dis rien! | 03.07.2007
Effectivement, il n'est pas certain que l'interdiction de recrutement sur place soit la panacée. Elle ne fera que déplacer le problème qui est le manque évident d'objectivité, d'impartialité, d'égalité et de prise en considération de l'intérêt général lors du recrutement. Les réseaux se réorganiseront autrement au profit des candidats les mieux dotés socialement.
Cependant, il est nécessaire de faire en sorte que les règles les plus élémentaires des concours de la fonction publique soient mieux respectées. Quels sont les textes qui permettraient de changer les moeurs et les pratiques ?
Écrit par : Jean-Pierre | 03.07.2007
@ Jean-Pierre
C'est bien beau de regretter les "turbo mcf" parisiens qui ne résident pas sur place, dans la ville de l'université où ils ont été recrutés. Mais ils peuvent avoir une vie de famille ailleurs, aussi.
Par ailleurs, si les universités manifestaient plus d'ouverture vis à vis des procédures d'échange ou les candidatures à la mutation, on éviterait sans doute beaucoup de ces déplacements qui ne sont dans l'intérêt ni de l'enseignement ni de la recherche.
La mobilité des mcf à l'heure actuelle est inexistante : c'est là une des raisons du problème rencontré.
Imposer un recrutement dans une autre université que celle où le candidat a fait sa thèse me semble un système trop rigide pour ne pas engendrer des injustices. J'espère qu'il ne sera pas retenu.
Écrit par : Merlin de Cambrai | 03.07.2007
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