29.10.2008
Une grande cause nationale en péril ?
Le projet de réforme du droit des contrats préparé par la Chancellerie donne lieu à des commentaires qui croissent et se multiplient. Si certains y voient une « modernisation incontestable et souhaitable de notre droit des contrats » (M. Fabre-Magnan, Entretien, JCP éd. G 2008.I.199), les autres – les plus nombreux à ce qu’il semble – lui jettent la pierre. Il n’y aurait là qu’ « un maladroit copier-coller de l'Avant-projet de réforme du droit des obligations et de la prescription et des Principes européens du droit des contrats, dès lors dépourvu de cohérence » (R. Cabrillac, Le projet de réforme du droit des contrats - Premières impressions, JCP éd. G. 2008, I, 190). Pire ! Sur un plan pratique « en introduisant des principes directeurs du contrat, en laissant incertaine la réponse à des questions qui trouvaient une solution assurée dans le passé, le projet de réforme fait perdre aux parties la maîtrise de leur contrat et place celui-ci dans la main du juge » (A. Ghozi et Y. Lequette, La réforme du droit des contrats : brèves observations sur le projet de la chancellerie, D. 2008, 2609).
Ainsi le débat s’ouvre-t-il enfin, qui plus est sous les auspices de la meilleure doctrine. Voici cependant que le fil de la discussion se noue peu à peu autour de la question de la disparition de la cause. Et pourtant. A considérer le projet de réforme de plus haut, l’on peut se demander si le sujet mérite pareil intérêt. Voire ! A n’y pas prendre garde, cette disputatio pourrait tenir lieu de discussion du projet, et occulter d’autres innovations toutes aussi importantes et bien peu commentées…
09:35 Publié dans Droit des obligations, Lu cette semaine, Réforme du droit des obligations | Lien permanent | Commentaires (54) | Envoyer cette note
17.10.2007
Que le juge ne sépare pas ce que le maire a uni...
Je signale l’article cosigné dans le journal Libération par Norbert Foulquier, Professeur à la Faculté de droit d’Evry, et par Vincent Valentin, Maître de conférences à Paris I, consacré à « l’impossible divorce » de Cécilia Sarkozy. Certes, le sujet est à la mode, qui est traité sur des blogs plus qu'estimables (ici et là notamment) et communards. Il n’en reste pas moins que la contribution de mes collègues est aussi utile qu’élégante, et que l’honnêteté m’oblige à dire qu’ils en ruminaient l’idée depuis quelques mois déjà… : par où l’on voit que la recherche universitaire est parfois rattrapée par l’actualité… On trouvera cet article ici, à moins que l’on n’ait le courage d’aller acheter Libération au kiosque le plus proche.
09:37 Publié dans Lu cette semaine | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
15.05.2006
Lu cette semaine...
L’actualité doctrinale cette semaine est fort riche en matière de sûretés (et pour cause).
On lira en premier lieu le Dossier spécial que le Dalloz consacre à la réforme du droit des sûretés dans son cahier droit des affaires : on y trouvera les analyses de L. Aynès, P. Dupichot, M. Grimaldi, R. Dammann, A. Aynès, N. Rontchevsky, P. Crocq et J. Revel. Un numéro hors série de la Semaine juridique, sur le même thème, paraîtra prochainement.
En outre, j’en profite pour signaler les différentes interviews qui ont été publiées par les Petites Affiches (prochainement en ligne pour les abonnés Lextenso) sur le même sujet (LPA 28 avril 2006, n°85). Outre un entretien avec votre serviteur, on y trouve surtout les commentaires de praticiens, tels que Me Alain Cerles (Paul Hastings), Me Julie Couturier (Fischer, Tandeau de Marsac, Sur et associés), Me Jean-François Sagault (Notaire associé, Cabinet Thibierge) et Mme Géraldine Carrée, juriste de banque (Natexis – Banque Populaire).
Proche d’une thématique qui a été ici abordée, je signale également l’article du Professeur Marie-Hélène Monséréié-Bon, intitulé « les effets inattendus de l’absence d’extinction des créances non déclarées menacent-ils la procédure de sauvegarde ? » et paru au dernier numéro du Dalloz (n°20, 18 mai 2006). La situation de la caution y est analysée, même si l’auteur tient pour acquise – avec l’unanimité de la doctrine – le principe de l’extinction de la créance du créancier forclos. Enfin, puisque je l’ai plusieurs fois évoquée ici, j’en profite pour signaler la parution dans la semaine qui vient du numéro de la Revue des contrats 2006, dans lequel on pourra trouver mon commentaire de la décision rendue par la Chambre mixte du 2 décembre dernier.
12:25 Publié dans Droit des sûretés, Lu cette semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.04.2006
Lu cette semaine…
Outre une tentative de relance du processus législatif en matière d'actions de groupe, dont les Petites Affiches rendent compte, on relèvera particulièrement le numéro de la Semaine Juridique du 12 avril 2006, qui donne livraison de la dernière chronique en date du Doyen Philippe Simler et du Professeur Philippe Delebecque ( JCP éd. G 2006 I 131). Compte-tenu de l’actualité – au-delà même de l’Ordonnance du 23 mars dernier – cette chronique est en effet particulièrement riche.
15:59 Publié dans Class actions, Droit des sûretés, Lu cette semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Droit et Justice
12.03.2006
Cautionnement réel : une note qui dénote
Il faut lire la note du Professeur Laurent Aynès sous l’arrêt rendu le 2 décembre dernier par une chambre mixte de la Cour de cassation, et par lequel la Cour régulatrice s'est prononcée sur la nature du cautionnement réel (D. 2006, p.729).
Cette note dénote, dans le concert quasi-unanime d’une doctrine critique (concert auquel je ne participe pas, on le verra dans le prochain numéro de la Revue des contrats). L’auteur montre que l’assimilation du cautionnement réel à un cautionnement n’est guère évidente. Ainsi qu’il le relève, « le cautionnement est un contrat unilatéral, créateur d’une obligation dont l’objet est la dette principale. Or, le constitutant d’une sûreté ne s’oblige pas à la dette envers le créancier ; il réserve à celui-ci tout ou partie de la valeur d’un bien déterminé » (ibid., n°9). L’auteur s’emploie par ailleurs à analyser les conséquences pratiques de la décision rendue, notamment en ce qu’elle tend à écarter l’application des dispositions propres au cautionnement. L'argumentation ne peut que convaincre...
17:32 Publié dans Droit des sûretés, Lu cette semaine | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Droit et Justice








